[INTERVIEW] Portrait d'Olivier Assire, fondateur d'Ampevino - Le goût des liens

Olivier Assire, fondateur d'Ampevino, partenaire pour nos événements ADD Associés

Dans le vin, il y a ce que l’on voit d’abord : les bouteilles, les étiquettes, les domaines, les millésimes. Et puis il y a tout le reste. Ce qui ne se mesure pas tout à fait, mais qui fait pourtant la différence : une rencontre, une parole transmise, un détail parfaitement exécuté, une confiance qui se construit avec le temps.

C’est précisément dans cet espace-là qu’évolue Olivier Assire. Fondateur d’Ampevino, il se définit volontiers comme un ambassadeur plutôt que comme un simple distributeur. Le mot n’est pas choisi pour faire joli. Il dit quelque chose de très juste de son métier : créer des ponts entre des maisons de vins et de champagne, souvent prestigieuses, et des publics capables d’en recevoir l’histoire autant que le goût.

Un parcours structuré… et un déclic tardif

Olivier Assire travaille depuis vingt-cinq ans dans l’univers des vins et champagnes. Son parcours l’a d’abord conduit chez Rothschild, à Bordeaux, où il a été directeur des ventes France sur le circuit CHR, puis chez Champagne Louis Roederer, qu’il rejoint en 2007 comme directeur commercial France. Pendant treize ans, il y anime un réseau d’une cinquantaine de commerciaux. Ces années lui donnent une connaissance intime du circuit traditionnel : restaurants, cavistes, entreprises, lieux où le vin ne se vend pas seulement comme un produit, mais se conseille, se raconte et se partage.

L’envie d’entreprendre, elle, était là depuis longtemps. Elle prend forme à la fin de l’année 2018, lors d’une formation au Wine and Spirit Education Trust. Olivier y rencontre un professionnel reconnu du vin, dont l’accompagnement sera déterminant dans la construction de son portefeuille de domaines. Il sait alors qu’il connaît son métier, son réseau, ses interlocuteurs. Mais il veut aller plus loin dans la sélection, dans l’exigence, dans la cohérence de ce qu’il va représenter.

Ampevino naît en janvier 2020, trois mois avant le Covid. Pour un lancement tranquille, on repassera. Mais cette période, brutale et imprévue, devient aussi un test grandeur nature : celui de l’agilité, de la remise en question et de la solidité du projet.

Ni distributeur, ni agent : ambassadeur

Décrire Ampevino comme une société de distribution serait exact, mais insuffisant. Olivier Assire préfère parler d’ambassade. Il représente des maisons, porte leur image, leur histoire, leur singularité auprès de clients professionnels. Cela suppose de savoir vendre, bien sûr, mais aussi de savoir écouter, ajuster, expliquer, organiser, rassurer.

Le métier comporte une part très concrète d’administration des ventes, de logistique, de suivi. Il faut que les vins arrivent au bon moment, dans les bonnes conditions. Dans cet univers, l’émotion n’efface jamais l’approximation. Elle la rend même plus visible.

Ce qui fait une grande maison

Lorsqu’il parle des grandes maisons, Olivier insiste sur ce qui dépasse la seule qualité du vin. Une grande maison, selon lui, est une maison qui “coche un maximum de cases”.

Il y a le terroir, évidemment. L’histoire, souvent familiale. La marque, au sens noble : cette capacité à susciter un imaginaire. Mais ce qui fait réellement la différence se joue ailleurs, dans les détails. Une logistique irréprochable, un administratif fluide, une attention sincère portée aux clients, des gestes discrets mais constants.

Dans cet univers, rien n’est accessoire. Le détail n’est pas une finition. C’est la structure même de la qualité.

Trois ingrédients pour une grande dégustation

La même exigence s’applique aux dégustations. Une grande dégustation ne repose jamais sur un seul facteur, même si le vin est exceptionnel.

Elle tient à un équilibre entre trois éléments : la qualité des vins proposés, le cadre dans lequel ils sont dégustés, et la personne qui anime le moment. Le lieu peut être spectaculaire ou intime, mais il doit être juste. Les conditions doivent être maîtrisées. Et surtout, il faut quelqu’un capable de transmettre.

Quand cette alchimie fonctionne, quelque chose de simple se produit : les gens restent. Ils prolongent les échanges. Ils n’ont pas envie de partir.

Olivier évoque notamment une dégustation organisée chez ADD Associés autour des vins de la maison Joseph Drouhin. Ce soir-là, la soirée a débordé du cadre prévu. Pas parce que c’était planifié, mais parce que la transmission avait pris.

Dégustation d'Exception chez ADD Associés, avec Ampevino

Une parenthèse dans le tumulte

Dans une époque souvent rapide et instable, ces moments prennent une dimension particulière. La dégustation devient une pause. Une manière de ralentir, de se reconnecter à une histoire, à un territoire, à une continuité.

Le vin, dans ce contexte, raconte encore quelque chose de la France : un rapport au temps long, à la transmission, au détail. Une culture où l’on prend encore le temps de comprendre ce que l’on consomme.

Mais cette culture évolue. On consomme moins, mais mieux. Le public est plus informé, plus curieux, parfois plus exigeant. Les questions deviennent plus précises : biodynamie, climat, méthodes de vinification. La dégustation se “premiumise”, mais reste traversée par un paradoxe : plus on en sait, plus on doute de sa légitimité à parler.

Olivier cherche justement à désamorcer cela. Pour lui, une dégustation réussie ne doit pas enfermer. Elle doit ouvrir.

Les moments qui donnent du sens

Comme dans tout métier, il y a des jours ordinaires. Et puis il y a ceux qui marquent. Une dégustation particulièrement réussie. Un salon où tout s’aligne. Un client qui propose une collaboration exclusive. Une grande maison qui appelle spontanément.

Ces moments ne sont pas anecdotiques. Ils viennent valider des années de travail. Ils donnent une forme de réponse à une question que beaucoup se posent sans la formuler : est-ce que je suis à ma place ?

Chez Olivier, la réponse passe par ces instants-là.

La confiance, seul vrai levier

Dans une structure comme Ampevino, le marketing est simple. Brutalement simple : la réputation.

Elle se construit au quotidien, dans chaque interaction, avec les maisons comme avec les clients. Olivier le résume sans détour : si 95 % des partenaires parlent positivement de vous, vous êtes sur la bonne trajectoire.

Cette confiance repose sur des fondamentaux classiques — sérieux, réactivité, résultats — mais difficiles à maintenir dans la durée. Elle suppose une constance, presque une discipline.

Portrait d'Olivier Assire, fondateur d'Ampevino

Une famille de cœur, au-delà des statuts

Le vin est un métier affectif. Le mot peut surprendre, mais il s’impose rapidement. Les relations ne reposent pas uniquement sur des critères rationnels. Elles se construisent aussi sur des affinités, des valeurs partagées, une manière commune d’envisager le travail.

C’est dans ce cadre que s’inscrit la notion de “famille de cœur”. Pour Olivier Assire, elle désigne les personnes avec lesquelles il existe un alignement. Une forme d’évidence professionnelle et humaine.

Cette famille inclut des clients, des fournisseurs, des partenaires. ADD Associés en fait partie, sans ambiguïté. La relation dure depuis plus de dix ans, ce qui est déjà un indicateur. Mais ce qui compte davantage, c’est la manière dont elle évolue : avec fidélité, exigence et une volonté constante de ne pas s’endormir.

Des relations de ce type sont rares. Et c’est précisément pour elles qu’il fait ce métier.

Travail et bienveillance, sans folklore

Lorsqu’on lui demande ce qui le guide, Olivier ne cite ni auteur, ni concept. Il revient à deux principes simples.

Le travail, d’abord. Rien de solide ne se construit sans lui.
La bienveillance, ensuite. Non comme une posture molle, mais comme une condition de relations durables.

Une combinaison sobre. Et exigeante.