[INTERVIEW] Portrait de Laurent Martino - Trente ans d’enthousiasme et d’humanité
Bâtir une présence dans le Sud-Est et transmettre un esprit : portrait de Laurent Martino, Directeur Associé et membre du Conseil de surveillance du groupe ADD.
En 1996, ADD Associés n’existait pas encore dans le Sud-Est. Trente ans plus tard, Nice, Aix-en-Provence et Montpellier forment un ancrage solide, porté par une équipe d’une quinzaine de collaborateurs. À l’occasion de cet anniversaire, Laurent Martino revient sur une aventure entrepreneuriale et humaine construite « à la force du terrain », et guidée par une conviction simple : « dans ce métier, rien ne remplace l’humain ».
Une aventure née d’une page blanche
S’il devait résumer ces trente années en un mot, Laurent Martino n’hésite pas, ce serait « enthousiasme ».
Lorsque l’opportunité de créer un ancrage ADD dans le Sud-Est se présente, tout est à inventer. Pas d’adresse, pas d’équipe, pas de réseau structuré. Diplômé du notariat et fort d’une première expérience dans une étude varoise, Laurent Martino saisit l’occasion.
Le projet démarre seul, avec une secrétaire, puis se construit patiemment. Les premières relations professionnelles se tissent auprès d’anciens confrères du notariat. Les dossiers arrivent, l’activité prend, et l’association avec ADD se consolide. « Au bout de deux ans, ça fonctionnait déjà bien. On a commencé à recruter, puis on m’a confié Aix-en-Provence, et ensuite Montpellier ».
Aujourd’hui, trois bureaux, quinze collaborateurs et une fierté assumée : faire vivre une équipe dans la durée.

Du bureau artisanal au collectif structuré
Longtemps regroupées sous le nom ADD Martino, les études du Sud-Est ont rejoint début 2026 la bannière ADD Associés. Une évolution à la fois stratégique et symbolique.
Pour Laurent Martino, ce passage marque l’entrée dans une nouvelle phase : celle d’un collectif renforcé et d’une histoire qui dépasse les trajectoires individuelles. « Nous étions des artisans. Aujourd’hui, l’étude s’est structurée, a grandi. Il fallait anticiper l’avenir et préparer la transmission ».
Si le nom évolue, l’esprit demeure : proximité, responsabilité et implication des équipes. Plusieurs collaborateurs sont désormais associés, et la gouvernance se partage progressivement.
L’humain comme ligne de conduite
Au coeur de son approche, un fil rouge revient sans cesse : la dimension humaine du métier. Pour Laurent Martino, elle conditionne autant la qualité du travail que la cohésion interne.
En interne, cela passe par une écoute constante, des échanges informels, des réunions en marchant, et une attention particulière à l’équilibre de chacun. « Si les collaborateurs viennent travailler avec la boule au ventre, c’est que quelque chose ne fonctionne pas. »
En externe, cette approche se traduit par une relation partenariale avec les notaires, fondée sur la confiance et le sur-mesure.
« Les sources sont les mêmes pour tous. La différence se fait dans le détail et dans la relation. »
Cette exigence du détail, discrète mais déterminante, constitue, selon lui, une signature professionnelle autant qu’un facteur de fidélité.
Persévérance et convictions : le métier au long cours
Parmi les dossiers marquants, certains illustrent la ténacité qu’exige la généalogie successorale. L’un d’eux, impliquant une succession importante bloquée par une occupation illicite d’un bien immobilier, l’a conduit jusqu’au Conseil d’État.
La leçon qu’en tire Laurent Martino est limpide :
« Quand on est convaincu d’une injustice et que l’on est droit dans ses bottes, il ne faut rien lâcher. »
Dans un métier où certains dossiers ressurgissent après plusieurs années, la persévérance n’est pas une qualité accessoire : elle est structurelle. Mais cette exigence technique s’accompagne aussi d’une forte dimension psychologique. Adapter son discours, comprendre les contextes familiaux, composer avec les émotions : autant de compétences qui dépassent le strict cadre juridique.

Un métier au cœur de l’intime
Les anecdotes accumulées en trente ans témoignent de la singularité de la profession. Inventaires inattendus, situations familiales complexes, secrets révélés tardivement : chaque dossier rappelle que la succession est avant tout une histoire humaine.
« Dans chaque famille, il y a une part d’ombre et une part de lumière. Nous intervenons souvent lorsque les liens se sont distendus ». Le généalogiste devient alors un interlocuteur particulier, parfois confident involontaire, chargé de reconstituer une histoire familiale autant que de régler un dossier.
Laurent Martino affirme trouver sa motivation dans le sentiment d’accomplir une mission utile, et dans la conviction que, derrière chaque situation, subsiste une part de beauté humaine.
Un territoire ouvert sur l’international
Implanté dans une région de mobilités anciennes et récentes, les bureaux du Sud-Est sont confrontés à une hausse des dossiers transfrontaliers, notamment avec l’Italie et les pays du Maghreb.
Ces situations, plus complexes sur les plans administratif et juridique, mobilisent fortement les équipes et exigent une parfaite maîtrise du droit international privé ainsi qu’une coordination étroite avec des interlocuteurs étrangers.
Pour Laurent Martino, cette dimension internationale constitue un terrain d’exigence supplémentaire. Elle suppose une grande rigueur, une capacité d’anticipation et une compréhension fine des environnements juridiques multiples. Un travail d’équilibre et de précision qui, au fil du temps, façonne l’expertise du bureau et renforce sa pratique des dossiers à forte technicité.
Entre terrain et stratégie : une double lecture du métier
En tant que membre du Conseil de surveillance du groupeADD, Laurent Martino occupe une position singulière : celle d’un praticien encore très opérationnel, mais impliqué dans la vision stratégique. « Le mardi, je suis en réunion stratégique. Le lendemain, je contacte un serrurier ou un commissaire-priseur. Trouver l’équilibre n’est pas évident. »
Cette double casquette lui permet néanmoins de jouer un rôle de médiateur : faire remonter les réalités du terrain auprès du groupe et accompagner les équipes dans l’appropriation des outils et des évolutions organisationnelles.
Transmettre sans dénaturer
Alors qu’il prépare progressivement la transmission de ses responsabilités, Laurent Martino formule un souhait clair pour les décennies à venir : préserver l’ADN relationnel du métier.
Plutôt qu’une inquiétude, il évoque une vigilance. Celle d’éviter une standardisation excessive où les dossiers seraient traités selon des grilles uniformes, au détriment de l’analyse et du contexte. « Il faut garder la souplesse et le sur-mesure. C’est plus exigeant, mais c’est ce qui fait notre différence. »
Communication interne, dialogue direct et esprit d’équipe constituent selon lui, les clés pour accompagner les évolutions du métier sans perdre l’essentiel.
Le doute comme moteur
À la question qu’il aurait aimé que l’on lui pose — a-t-il réussi sa vie professionnelle ? — la réponse surprend par sa sincérité.
« Le jour où l’on ne doute plus, il faut arrêter. »
Malgré l’expérience, l’incertitude demeure à chaque début d’année. Un doute qui n’est pas une faiblesse, mais un moteur : celui de rester curieux, vigilant et engagé.
Ce doute s’accompagne d’une autre valeur fondatrice : l’humilité. Dans une profession soumise à l’aléa des dossiers et aux évolutions réglementaires, rien n’est acquis. L’intégrité et la liberté professionnelle apparaissent alors comme des repères essentiels.
Une conviction intacte
Trente ans après ses débuts, Laurent Martino revendique un attachement profond à son métier, qu’il qualifie de « fabuleux ». S’il évoque parfois son intérêt initial pour la médecine, il reconnaît y retrouver une forme d’écho : accompagner, réparer, apaiser.
Son moteur reste simple, presque désarmant : l’envie de voir les autres avancer et de contribuer, à sa mesure, à résoudre des situations humaines complexes. Il s’exprime au quotidien sur le terrain, au contact de ses équipes à Nice, Aix-en-Provence et Montpellier.
Une conviction qui résume l’esprit de ces trois décennies dans le Sud-Est :
bâtir, transmettre, et ne jamais perdre de vue que derrière chaque dossier, il y a une histoire.